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Union Berrichonne du Loiret
                                                                

Paul BERTON, premier président

de l’Union Berrichonne du Loiret.
 
 
 
Il est loisible de considérer que notre premier président a été la synthèse géographique de ce que représente notre société. Né à Châteauroux (Indre), il y fréquenta le lycée impérial ; il travailla et mourut à Sancerre (Cher) ; il exerça sa profession de magistrat pendant 24 ans à Orléans.
 
La consultation de diverses bases d’archives a permis de reconstituer sa biographie laquelle demandera toutefois à être affinée par des recherches plus précises. Certains événements le concernant feront l’objet d’articles spécifiques. 
 
Henri, Célestin, Jules, Paul BERTON est né le 27 mai 1846, à huit heures du soir, au domicile de ses parents sis rue porte aux Guédons à Châteauroux (Indre).
Il est le fils de Laurent BERTON, alors âgé de 32 ans et exerçant les fonctions de juge suppléant au tribunal civil de Châteauroux, et de Justine, Aglaé, Célestine POURIAT, âgée de 28 ans.
Son père le déclare à la mairie de Châteauroux, le surlendemain à dix heures en présence de ses deux grands-pères,  Etienne-Laurent BERTON[1] et Jean  POURIAT[2]
 
Il était le troisième d’une fratrie de cinq (3 frères et une sœur) : Gustave, Amédée, Marie et Camille.
 
Avant de devenir magistrat, son père avait été avocat et Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Châteauroux.
Par sa grand-mère maternelle il était lié à la famille PÂTURAUD, laquelle donna de nombreux notables castelroussins. Le père de cette aïeule, Jean-Charles  PÂTURAUD-BORDE, exerçait l’activité de manufacturier et avait été adjoint au maire de Châteauroux sous le 1er Empire. Lui-même était le fils de Jacques-François PÂTURAND-MIRAND, seigneur de différentes terres et conseiller du Roi.
 
Elève au lycée impérial de Châteauroux[3], lors du banquet de la Saint-Charlemagne[4] (28 janvier 1864), il déclamera en vers son « Dialogue entre l’Abondance et le Champagne »[5] lequel sera publié l’année suivante.
                                
                                                

Ancien combattant de 1870.
De la classe 1866, il est affecté à la Garde Mobile[1] (de l’Indre ?) où il sera nommé capitaine. 
 
Carrière judiciaire.
Certains indices laissent supposer qu’il a fait ses études de Droit à Paris.[2]
 
A partir de février 1869, il exerce la profession d’avocat.  A cette époque il fallait l’avoir exercée deux ans avant d’intégrer la magistrature ; ce qu’il fit.
 
Il est nommé successivement substitut du Procureur de la République à Sancerre (10/11/1873), Nevers (30/04/1875) et Saint-Etienne (03/12/1878).
                                
Le 16 octobre 1880, il prend ses fonctions à Douai en qualité de substitut du Procureur Général, puis, le 20 avril 1882, celles d’Avocat Général.
Le 25 janvier 1885, il devient Conseiller à la Cour d’appel d’Orléans « (…) à laquelle il a appartenu pendant vingt-quatre ans et dont, depuis plusieurs années, il présidait, souvent et avec autorité les audiences civiles, en qualité de Conseiller Doyen[8].
        
[1] Âgé de 55 ans, négociant, demeurant rue Grande à Châteauroux. 
[2] Âgé de 54 ans, ancien avoué, demeurant Porte aux Guédons à Châteauroux. 
[3]Devenu depuis le lycée Jean Giraudoux, avenue Marcel Lemoine. 
[4] Fête scolaire. 
[5]Vraisemblablement à l’occasion d’un concours de rhétorique. 
[6] Voir article spécifique : « Paul BERTON, ancien combattant de 1870 ». 
[7]Les précisions doivent se trouver dans le dossier détenu aux Archives Nationales - Ministère de la Justice. Inventaire des dossiers de carrière de magistrats ayant cessé leurs fonctions entre 1900 et 1940 environ -  BB/6(II)/665 BERTON, Henri-Célestin-Jules-Paul.
 
[Sur sa demande, il a été admis à la retraite et nommé, par décret, président de chambre honoraire.
« M. Berton avait encore sept années de magistrature à faire, avant d'atteindre l'âge légal de la  retraite.
Il a préféré anticiper sur l'heure du repos, d'ailleurs bien gagné dès maintenant ; ses désillusions  sur le régime républicain dont il avait salué l'avènement « avec la confiance et la sincérité de la jeunesse », sont probablement pour quelque chose dans cette regrettable détermination.» [9]
 
Domicile.
A Orléans, il habitait la « maison de Pothier ». « C'est , lisons-nous dans l' article biographique qui est consacré à ce distingué magistrat dans le Dictionnaire Biographique Illustré Du Loiret, de Flammarion, c'est dans la chambre où cet, éminent jurisconsulte a rendu le dernier soupir et dont il a fait son cabinet de travail, que M. Paul Berton rédige ses  arrêts ou laisse, dans des écrits variés, courir sa plume toujours si alerte et si française ».[10]


Ecrivain.
 
Paul Berton a, en effet, publié un certain nombre d'ouvrages de droit ou de sociologie, notamment :
1879 : De l'épopée française au moyen-âge.
1883 : Étude sur nos anciens parlements.
1887 : Code de la relégation et des récidivistes (commentaire de la loi du 27 mai 1885).
1891 : L'art de faire soi-même, son testament, ou Traité pratique du testament olographe.
1896 : Liguons-nous contre le socialisme. 
 
Activité associative.
 
Il a été à la tête ou à l’origine, de nombreuse œuvres de charité et de solidarité sociale.
Citons, entre autres, la « Compagnie des ambulanciers-brancardiers du Loiret », la « Ligue du Loiret contre la tuberculose », le « Comité des habitations ouvrières à bon marché d’Orléans »,  « l’œuvre orléanaise des consultations gratuites des nourrissons ».
 
Le 18 janvier 1896, il est élu à la section des lettres de la société d’agriculture, sciences, belles lettres et arts d’Orléans.  
 
Distinctions.
 
Le 13 juillet 1895 il est fait Chevalier la Légion d’Honneur. 
Par arrêté du 23 janvier 1907, il est nommé Officier de l’Instruction Publique. 
Courant 1920, le pape benoît XV le nomme chevalier de l’Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand, promotion Jeanne d’Arc, sans doute en raison de son engagement comme publiciste chrétien et conférencier catholique.[11] 
Il était titulaire de l’Ordre Royal de Belgique. 
 
Mariage :
Sans doute est-ce pendant son séjour professionnel à Sancerre, de 1874 à 1875, qu’il rencontra sa future épouse, Henriette GUIBERT. 
Peu de temps avant leur mariage, Paul rencontra à Paris Nicolas-Joseph DABERT, évêque de Périgueux, natif d’Henrichemont (Cher) et ami de ses parents. « (…) d’une voix joyeusement émue », il lui représentait sa future épouse « courbée comme l’ange de la charité au chevet de son frère[12] blessé sur les champs de bataille pendant nos derniers désastres et pansant ses blessures avec une maternelle tendresse. »[13]

Les bans sont publiés à Sancerre, La Chapelotte et Nevers les dimanches 15 et 22 juillet 1877.
 
Le 30 juillet, les futurs établissent un contrat de mariage en l’étude de Me BOURGEOIS, notaire à Henrichemont.
 
Le 31 juillet 1877 « à neuf heures du soir », en la mairie de Sancerre (Cher), il épouse Marie, Eugénie, Thérèse, Henriette GUIBERT[1]. Les parents de Paul et la mère d’Henriette sont présents et donnent leur consentement.
Sont témoins du marié : Gustave BERTON, son frère, âgé de 39 ans, receveur de l’enregistrement à Issoudun (Indre), Armand MINGASSON, son beau-frère, âgé de 45 ans, inspecteur des contributions civiles à Amiens (Somme).
Sont témoins de la mariée : Louis GUIBERT, son frère, chevalier de la Légion d’Honneur, âgé de 28 ans, juge suppléant au tribunal civil de Cosne-sur-Loire (Nièvre), Eugène BERTRAND, son oncle, âgé de 50 ans, attaché au ministère des finances, demeurant à Paris.
 
La bénédiction nuptiale est prononcée en l’église de Sancerre le 1er août 1877 par Monseigneur Nicolas-Joseph DABERT, évêque de Périgueux et de Sarlat.[15]



Le 01/06/1878 à La Chapelotte, nait sa fille Joséphine, Laurence, Marie, Jenny. Elle épousera Amédée BRUN, avocat parisien, le lundi 14 novembre 1898 à Orléans. Deux jours auparavant, les futurs avaient signé un contrat de mariage chez maître FOUGEU, notaire à Orléans. Ils divorceront le 20/12/1904. Jenny décèdera le 07/01/1964 à Fleury-les-Aubrais. 
 
Paul BERTON est décédé le 23 février 1921 à Sancerre.
Ses obsèques ont été célébrées à Sancerre le samedi 26 février à dix heures du matin. Un second service eut lieu le lundi 28 février à la même heure à La Chapelotte.[16]
[8] Journal du Loiret.
 
[9] Journal du Loiret – 24 octobre 1909. (Cf. Article « Paul BERTON et la politique »)
 
[10]  Journal du Loiret – 24 octobre 1909.
 
[11] L’ordre de Saint-Grégoire-le-Grand est une décoration accordée par le Saint-Siège, à titre civil ou militaire. Fondé le 1er septembre 1831 par le pape Grégoire XVI en l'honneur du pape saint Grégoire (590-604). C'est l'ordre conféré ordinairement pour services politiques de défense des États pontificaux. L'ordre est conféré à des catholiques (dans de rares cas à des non-catholiques), en reconnaissance de leur service à l'Église, de travaux inhabituels, de soutien au Saint-Siège, de leur bon exemple dans leurs communautés et pays.
 
[12] Louis, René, Patrice, Guillaume GUIBERT, né le 22/10/1848 à La Chapelotte (Cher). De la classe1868, il a été appelé en activité le 20/08/1870. Affecté à la 5ème compagnie du 3ème bataillon de la Garde Mobile du Cher, « sur sa demande (sic) il sera nommé sous-lieutenant le 14/08/1870. Au moment du conflit franco-prussien, son unité rejoindra l’Armée de la Loire. Il sera blessé d’un coup de feu au ventre le 28/11/1870 à Juranville (45). Nommé au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur le 16/11/1871, il exercera les fonctions de juge au tribunal civil de Cosne et sera maire de d’Ivoy-le-Pré. Il décèdera le 08/03/1888 à Bonny-sur-Loire.
 
[13]Allocution de Mgr DABERT au mariage.
 
[14] Née le 15/04/1855 à La Chapelotte (Cher) de défunt Henri GUIBERT, propriétaire à La Chapelotte, et de Joséphine, Louise BERTRAND, propriétaire à Sancerre.
 
[15]Né à Henrichemont (Cher) le 18 septembre 1811, Nicolas Dabert entra dans la compagnie de Saint-Sulpice et enseigna au grand séminaire de Viviers (1835) ; vicaire général du diocèse en 1847, il est nommé évêque de Périgueux le 16 mai 1863, où il travaille jusqu'à sa mort le 28 février 1901. Cet évêque très ultramontain rejeta toute idée nouvelle ; il défendit son évêché contre une république radicale trop menaçante à ses yeux. Il relança en 1866 le culte du saint suaire de Cadouin et créa en 1879 l’Institution Saint-Joseph de Périgueux. Il était manifestement un proche de la famille BERTON puisque dans son allocution il indique avoir partagé avec les parents de Paul « les plus intimes confidences de [son] âme. ».
 
[16] Journal du Loiret – 25 février 1921.
 
Sources :
 
Imprimés :
 
Journal du Loiret – 1909 – 1921 (en ligne
Archives départementales de l’Indre, du Cher et du Loiret. (Etat-civil)
www.​gallica.​bnf.​fr (Allocution de Mgr DABERT publiée en 1877 par l’imprimeur sancerrois A. AUPETIT.)
www.​gallica.​bnf.​fr « Dialogue entre l’Abondance et le Champagne ». 
www.​gallica.​bnf.​fr « Encourager plus que l’agriculture. Le rôle du comice central agricole de la Double dans le développement rural local. » Ruralia N° 16/17 – 2005 (biographie de Nicolas DABERT)