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Union Berrichonne du Loiret
                        
Paul BERTON l’intrépide
 
 
Apprécié par ses pairs, investi dans des activités caritatives, sociales et culturelles orléanaises, Paul BERTON ne manquait pas non plus de courage, comme le révèlent les anecdotes suivantes.
 
 
Le matin du vendredi 14 juin 1895, Paul BERTON et son épouse parcouraient en calèche la route de Sandillon à Vannes. Tout à coup, sur la commune de Sandillon, leur cheval manifesta quelque inquiétude. Ils aperçurent alors un homme gisant dans le fossé de la route. Comme ils se disposaient à descendre, des passants leur dirent que ce n’était pas la peine qu’ils se dérangent parce que l’homme était mort. Ils mirent néanmoins pied à terre, et après une demi-heure de soins assidus, ils finirent par le ramener à la vie.[1]
 
 
Le matin du dimanche 24 novembre 1895, Paul BERTON reçut à son domicile, en même temps que son courrier, un petit paquet, enveloppé dans un papier rose, bien ficelé et cacheté, mais ne portant aucune adresse. Son cocher lui dit qu’il l’avait trouvé sous la porte de la rue et que cela ressemblait à des cartouches. Notre téméraire berrichon emporta le paquet suspect dans son cabinet et l’ouvrit avec précaution. Il se trouva en présence de deux tubes de verre fermés par deux bouchons de métal et d’un troisième tube muni d’une mèche. Il remit l’ensemble à la police. Les investigations déterminèrent qu’il s’agissait d’une « fumisterie » [2]  
 
Cet évènement doit être replacé dans le contexte d’agitation sociale de l’époque ponctuée d’attentats anarchistes. Certaines manifestations furent durement réprimées et entrainèrent des victimes parfois très jeunes.
 
Le 1er mai 1891, à Levallois-Perret, des manifestants brandissent le drapeau rouge. Ils sont condamnés à de lourdes peines. En mars 1892, deux bombes explosent, boulevard Saint-Germain et avenue de Clichy, à Paris chez, les deux magistrats de ce procès, MM. BENOIT et BULOT. L’auteur, RAVACHOL, est condamné à mort et exécuté au mois de juillet suivant non pas pour ces attentats mais pour vol et assassinat. De mars à mai 1892 la police parisienne enregistre plus de 1500 plaintes pour menaces, parfois signées « les vengeurs de RAVACHOL »                        
                                                                
Le 8 novembre 1892, Emile HENRY dépose une bombe devant l’immeuble de la Société des mines de Carmaux à Paris. Découvert par la police, l’engin explose dans le commissariat de la rue des Bons-Enfants, tuant trois fonctionnaires.
                                                                
Le 9 décembre 1893, Auguste VAILLANT lance une bombe dans l’hémicycle de la Chambre des députés, faisant quelques blessés. Il sera guillotiné le 5 février 1894.
 
Le 12 février 1894, Emile HENRY récidive et lance une bombe au café « Le Terminus », à Paris, près de la gare Saint-Lazare. L’attentat fait un mort et une vingtaine de blessés.                                                     

 Le 24 juin 1894, enfin, c’est le Président de la République, Sadi CARNOT, qui succombe, à Lyon, sous le poignard d’un jeune immigré italien, Santo CASERIO.[3]
                                                           Santo CASERIO                                                                          Sadi CARNOT
La plupart des bombes n’étaient pourtant que des canulars, comme celui dont fut victime Paul BERTON.
 
 Journal du Loiret  – 19 juin 1895.
 Journal du Loiret – 24 novembre 1895.
 « Le triomphe de la République  - 1871-1914 » - Arnaud-Dominique HOUTE – Editions du Seuil Points Histoire 2014 – pp. 194 à 199.
Le mardi 23 janvier 1896, vers trois heures de l’après-midi, le cheval attelé au coupé de Paul et Henriette BERTON s’est emballé dans la rue de Lahire. Les roues ayant heurté violement le trottoir, le cocher fut projeté du haut de son siège sur le sol. Il se fit trainer pendant quelques instants en cherchant à maitriser l’animal. Puis, il dut lâcher prise. Le cheval, abandonné à lui-même, prit rapidement la rue du Commandant Arago. Une voiture de blanchisseur, qui stationnait sans conducteur dans cette rue, s’emballa également. Notre intrépide berrichon voulut alors sauter de son coupé pour s’élancer à la tête de son cheval ; mais il fut précipité sur la chaussée et fortement contusionné.  Fort heureusement le coupé dans lequel était restée son épouse put être arrêté à la jonction de la place Bannier[4] et de la rue des Murlins, par un cocher de la maison Champigny auquel Paul BERTON alla le soir même porter ses remerciements.[5]
   4  Actuelle place Gambetta depuis le 1er avril 1896.
   5  Journal du Loiret du 23 janvier 1896.