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Union Berrichonne du Loiret
                        LA    BRENNE
BRENNE QUI ES-TU ?
 
Un coin de l’Indre :
La Brenne intégrée au département de  l’Indre, s’étend sur 163 000 hectares, soit environ 1/3 de la superficie de la Sologne. Elle est située au sud du département, à la rencontre du Berry, du Poitou, du Limousin et de la Touraine.
 
Sa population, regroupée sur 47 communes, est d’environ 32 000 habitants.
 
Les géologues reconnaissent en Brenne, trois régions naturelles :
- La Brenne des étangs qui est la plus caractéristiques,
- La Vallée de la Creuse et le pays blancois,
- La petite Brenne avec la vallée de l’Anglin et le boischaut sud.    
 
La Brenne des Etangs :
 
C’est essentiellement cette partie naturelle de la Brenne que nous allons parcourir. C’est le « pays aux mille étangs » puisque l’on en compte environ 1 400. Ces derniers font de la Brenne une des plus importantes zones humides du territoire et par voies de conséquence, une des toutes premières  régions de France (quatrième rang).
 
Les sols pauvres et argileux, trop humides l’hiver et particulièrement secs l’été, rendent la culture difficile. En contrepartie, les nombreuses prairies qui bordent les étangs donnent à l’élevage une place importante dans l’agriculture de la Brenne.
 
Comme la plupart des régions à étangs, la Brenne est d’une grande richesse écologique notamment grâce au mélange harmonieux des bois, des prairies, des haies et des landes qui sont les biotopes indispensables à l’existence et à la survie d’une faune et d’une flore de qualité.
 
Pour préserver ce patrimoine naturel, il a été créé, en 1989, le Parc naturel régional de la Brenne. Les principales missions du parc sont :
- protéger le patrimoine (milieux naturels et paysages,
- contribuer à l’aménagement du territoire,
- contribuer au développement économique, social, culturel ainsi qu’à la qualité de vie,
- assurer l’accueil, l’éducation et l’information du public,
- réaliser des actions expérimentales.
 

La Vallée de la Creuse et le Pays blancois :
 
Entre Saint-Gauthier et Tournon- Saint-Martin, la Creuse marque la limite entre le nord et le sud du Parc.  On est ici en présence de coteaux boisés assimilables à ceux du Massif Central avec des falaises qui plongent dans la rivière.
 
L’abbaye de Fontgombault est située dans cette partie de la Brenne.
Pas ou peu d’étangs parsèment le paysage. Ici c’est la Creuse qui domine. Elle est  particulièrement poissonneuse. Elle sépare la ville du Blanc (8 000habitants) en deux. Deux caractéristiques définissent le Pays blancois :
-  son kirsch distillé depuis le XIXe siècle, grâce à la présence de cerisiers,
- le réputé fromage de chèvre de « Pouligny Saint Pierre ». Ce fromage a été le premier fromage de chèvre français à bénéficier d’une appellation d’origine contrôlée. Vous reconnaîtrez facilement cette pyramide élancée à sa croûte fine et à sa pâte couleur ivoire ferme et souple à la fois.
 
La petite Brenne, la vallée de l’Anglin et le boischaut sud :
 
Cette partie de la Brenne se situe au sud de la Creuse. Elle compte quelques étangs, mais c’est avant tout le pays de l’élevage ovin. La production de l’agneau de Brenne est réglementée par un rigoureux cahier des charges.
 
L’Anglin est la rivière qui draine cette partie de la Brenne. Nous sommes déjà ici sur les premiers contreforts du Massif Central.
  
 
 

                         LE PAYS DES MILLE ETANGS
Après une présentation rapide de la Brenne, nous allons plus particulièrement nous intéresser maintenant à sa faune et à sa flore ainsi qu’aux différents points d’intérêts du parc régional de la Brenne tels que la pisciculture et les points de découvertes.

L’avifaune :
Plus de 300 espèces d’oiseaux sur les 450 répertoriées en Europe ont été observées en Brenne. C’est avant tout un lieu de reproduction pour les oiseaux migrateurs dont une partie a passé l’hiver en Afrique.
 
150 sont des espèces dites nicheuses.
 
Il en est ainsi du héron cendré qui connaît un accroissement de population assez rapide. Son cousin  le héron pourpré voit quant à lui sa population diminuer sensiblement.
 
A ce propos, il arrive encore que certaines personnes confondent le vol du héron avec celui de la grue. Tout d’abord, le héron est plutôt solitaire. Il se déplace seul contrairement aux grues qui sont groupées en formation triangulaire lors de leur vol. Mais le plus caractéristique dans le vol du héron, c’est son cou qui est recourbé en forme de S alors que les grues ont le cou allongé.
 
Les grèbes (à cou noir ou huppés) sont présents partout. Certains disent que la maman grèbe est une pionnière en matière de couveuse automatique car la plupart du temps ses œufs sont recouverts de matériaux qui, en fermentant permettent la couvaison. Bien entendu, les canards de toutes espèces abondent sur les étangs.
 
La foulque, toute noire, se reconnaît grâce à son bec et sa plaque frontale blanche. Elle voisine souvent avec la poule d’eau, noire elle aussi et qui n’hésite pas à marcher sur les herbes de l’étang.
 
On peut également rencontrer quelques mouettes qui viennent souvent se reposer ici.
        Quelques espèces de canards :
 
        On trouve, en dehors de la sarcelle, deux principaux types de canards : le colvert et le souchet.
        Le mâle colvert est facilement reconnaissable à sa tête verte aux reflets métalliques, au collier blanc, aux ailes et au corps gris. La femelle quant à elle est uniformément brune.
        Le souchet est plus petit que le colvert. Il est surtout reconnaissable à son large bec.
        La sarcelle a la tête brune. Le mâle porte une petite huppe ainsi qu’une rayure verte qui s’étire de l’œil à la nuque. Le mâle et la femelle porte tous deux une marque verte sur le côté arrière de l’aile.
        Un ennemi juré des pêcheurs prend depuis quelques années, en Brenne comme en Sologne, une place prépondérante : c’est le grand cormoran. En effet , cet oiseau, plutôt maritime, est progressivement apparu en Brenne au début des années 80 pour atteindre les mille individus 10 ans plus tard.
Le Cormoran :
 
        Cet oiseau noir qui appartient à la même famille que les pélicans, peut atteindre 90 centimètres d’envergure. Il vit en général en colonie. La femelle pond trois à quatre œufs bleu pâle.
        C’est un véritable gouffre à poissons car il peut en ingurgiter300 à 400 grammes par jour. Imaginons un peu les dégâts que peut faire une colonie d’une dizaine d’individus dans une zone de deux ou trois étangs. En effet, sachant qu’ils sont présents de septembre à mars sur ces zones, à raison de 4 kilos de poissons consommés par jour pour les 10 cormorans, à la fin de la saison, ils auront consommés près d’une tonne de poisson !
        Certains pays d’Asie utilisent l’oiseau dressé pour capturer les poissons. Pour cela, le pêcheur pose un anneau autour du cou de l’animal afin de récupérer le poisson avant qu’il ne soit englouti.
        En Brenne, comme en Sologne, le cormoran est un sujet de discorde entre les naturalistes qui entendent le protéger et les pisciculteurs qui subissent les dégâts. Depuis quelques années, on tue en Brenne une quarantaine de cormoran par an.

Grâce à une protection rapprochée, le busard des roseaux réapparaît peu à peu en Brenne.
 
Un oiseau de la catégorie des sternes est également présent lors de la nidification en brenne. Il s’agit de la guifette moustac avec sa tête noire. Sa nourriture est essentiellement constituée d’insectes des marais.
 
En zone agricole humide de la Brenne, plus qu’à proximité des étangs, on rencontre le vanneau huppé.
 
S’agissant pour la plupart d’oiseaux migrateurs, de grandes différences peuvent être observées d’une année sur l’autre quant à leur présence ou leur absence. Un hiver rigoureux comme celui de 1984-1985, a été fatale à certaines espèces qui ne sont jamais revenues (la fauvette par exemple). La sécheresse joue également un rôle capital pour la nidification lorsque les étangs sont asséchés.
 
Les conditions climatiques et météorologiques ne sont pas les seules raisons de la fragilité dans la stabilité de la faune. En effet, les actions de l’homme sont souvent déterminantes aussi bien de façon positive que de façon négative.
 
L’intervention de l’homme peut également s’avérer néfaste au maintien de cette faune. La chasse est placée pour certains comme un des premiers éléments de déstabilisation de la faune. Toutefois, en Brenne, une certaine harmonie règne entre chasseurs et protecteursde la nature. L’assainissement de certaines zones humides lors de remembrements a eu des effets négatifs qu’il sera difficile de corriger. Il en est ainsi de la disparition de bon nombre de roselières, lieux de nidification favoris de certaines espèces.
 
Bien entendu, les traitements pesticides, en éliminant la nourriture de certaines espèces, ont repoussé celles-ci en d’autres endroits.
 
La Faune aquatique :
 
La mémoire locale attribue la création des étangs de la Brenne aux moines des abbayes de Saint-Cyran et de Méobecq, vers le VIIe siècle.
 
Plus précisément, c’est  probablement au XIIe siècle, à la suite de défrichages importants que la plupart des étangs actuels ont vu le jour.
 
Les étangs, comme en Sologne, sont accusés ici, dès la Révolution, de véhiculer le paludisme. Au milieu du XIXe siècle, plusieurs lois et décrets imposent, malgré de nombreuses protestations locales, l’assèchement de certains étangs.
 
C’est seulement un siècle plus tard, donc pendant toute une partie du XXe siècle, que la physionomie actuelle de la Brenne va se façonner notamment avec l’apparition de la pisciculture moderne. Sur les 1 400 étangs recensés, une vingtaine fait plus de 100 hectares. L’étang de Bellebouche, par exemple, recouvre un site de 300 ha et celui de la Mer Rouge avec ses 160 hectares est la plus importante surface en eau de la Brenne.

        La pisciculture en Brenne :
 
        2 000.tonnes de poisson sont produites chaque année dans les étangs de Brenne. 60 % de cette production est représentée par la pêche de la carpe dont le majeure partie est expédiée en Allemagne. Les 40 % restants sont essentiellement composés de tanche (10 %), de brochet (10 % tous carnassiers confondus) et de gardon (20 %) qui serviront en partie au repeuplement des étangs et des rivières.
        La production moyenne pour un étang brennou est de 200 kilos l’hectare, mais en élevage considéré comme semi-intensif cette production peut atteindre 2 tonnes à l’hectare.
        Les rendements sont améliorés selon deux techniques : l’amendement avec la chaux qui favorise le développement du plancton et l’apport de compléments d’alimentation constitués de céréales et de granulés.
        Le prix de vente du kilo de carpe est évalué à 1,50 € (référence 200.3).
        Les pisciculteurs brennous évaluent la consommation des cormorans à 10 % de la production annuelle. Cette perte considérable est le principal problème rencontré par les pisciculteurs. Un second problème rencontré par la pisciculture c’est l’incompréhension rencontrée auprès des défenseurs de la nature. Les « écologistes » défendent la présence d’herbes pourla nidification et les pisciculteurs faucardent les nénuphars qui « asphyxie » leur étang.
        Depuis quelques années, le silure est élevé en Brenne, notamment à cause de son très bon rapport : il s’élève facilement, il n’a pas d’arête, 40 % de son poids est utilisable contre 30% pour la carpe.
        Une filière se développe en ce qui concerne les filets fumés de carpe.
        Une station expérimentale piscicole est installée au Blanc afin de permettre aux pisciculteurs brennous de tirer le meilleur parti de l’aquaculture (alevinage, stockages des poissons pêchés afin de permettre la répartition des ventes, étude sur l’alimentation, implantation de nouvelles espèces).

La carpe, principale production des étangs de Brenne, est originaire de Chine. Elle a été amenée en Europe par les Romains. Depuis peu, elle a été implantée aux Amériques (1870). Il en existe trois sortes qui peuvent vivre très longtemps : la carpe-cuir qui n’a pas d’écailles, la carpe-miroir qui en a quelques-unes et la carpe royale qui est revêtue d’écailles brillantes sur tout le corps. Elle pond environ 1 million d’œufs dans la frayère. Le mâle déverse sa laitance sur les œufs pour les féconder. La carpe adulte peut atteindre 35 kg. Au Japon une cousine de la carpe est élevée depuis plus de 2 000 ans c’est la carpe Koï qui est plus élancée et plus colorée (rouge, noire, albinos, etc.). Certains exemplaires ont vécu plus de 50 ans. Les Japonais considèrent la carpe Koï comme le symbole de l’amour, de la virilité et de la fécondité.
 
Bien entendu, comme en Sologne, quelques grenouilles viennent se réchauffer sur les nénuphars, lorsqu’il en reste.
 
La Brenne est également la première zone française de peuplement pour la tortue d’Europe appelée la cistude. Cette petite tortue peut atteindre environ un kilo. C’est surtout dans la réserve naturelle de la Chérine, plus précisément à l’étang Ricot, que la cistude peut être observée. En effet, un observatoire de cet animal a été installé ici afin de sauvegarder l’espèce.

L’ennemi glouton :
 
        La mode a voulu, durant quelques années, que de nombreux parents offraient à leurs enfants, en qualité d’animal d’aquarium, une autre tortue d’eau douce, la tortue de Floride. Souvent devant la voracité de cet animal et sa croissance extrêmement rapide, la tortue de Floride était relâchée dans la nature, à proximité d’un étang. Elle a contribué largement à la disparition de la cistude en s’attaquant à elle et à sa nourriture.

De nombreux insectes viennent compléter la faune des étangs.
 
Avec ses gros yeux, la libellule est l’insecte le plus visible des étangs. Savez-vous que les yeux de la libellule sont en réalité composés de plus de 30 000 yeux assemblés les uns aux autres. On distingue le mâle à son ventre bleu et la femelle, à son ventre jaune. L’accouplement a lieu en plein vol et la ponte se fait dans les plantes aquatiques au niveau de l’eau. La larve, extrêmement vorace, mettra de un à trois ans avant de prendre son vol. Certains utilisent cette larve pour la pêche. Contrairement à la plupart des insectes, la libellule est incapable de rabattre ses ailes vers l’arrière. 61 espèces de libellules vivent en Brenne.
 
Le soir ou le matin, vous pouvez remarquer sur l’eau un étrange insecte qui glisse sur l’onde. C’est le gerris. Grâce à ses pieds velus, il peut glisser sur l’eau selon un phénomène appelé la tension artificielle.
 
En vous approchant tout près de l’eau, en silence, vous aurez peut-être l’occasion d’apercevoir un dytique qui vient faire sa provision d’air avant de replonger à nouveau.
 
Lors de certaines pêches d’étang, les pêcheurs remontent parfois à la surface un anodonte, cette moule d’eau douce peu prisée des pisciculteurs. Elle est réputée pour sa faculté de détruire les alevins.
 
La Flore :
 
Environ 1 200 plantes sont recensées dans le Parc naturel. Une partie est protégée. Il en est ainsi des nombreuses orchidées qui poussent en Brenne. En règle générale, leur hauteur ne dépasse guère 50 centimètres et leurs fleurs le diamètre d’une pièce d’un euro. Dans le Berry, on recense environ une trentaine d’espèces d’orchidées sur les cent recensées en Europe. La Sérapias langue est une espèce que l’on rencontre en Brenne.
 
Bien entendu on trouve la flore traditionnelle des étangs lorsqu’ils sont en eau (roseaux, nénuphars,…). Au milieu des prairies, quelques chênes centenaires dominent la lande couverte de bruyère et les ajoncs parent les buttons.
        Les buttons :
 
        Vous allez probablement rencontrer un button. De quoi s’agit-il ?
        La légende attribue à Gargantua, l’origine de ces buttes qui jalonnent ça et là la Brenne et une bonne partie du Berry. En effet, le géant pour aller de Tours à Limoges traversait la Brenne, à pied. La saison était humide et la terre collait à ses énormes pieds. De temps en temps, il était contraint de secouer ses bottes et, la terre ainsi libérée, a formé les fameux buttons.
        En Berry, ces buttes sont plus connues sous le nom de « dépastues à Gargantua ».
        En réalité, l’origine de ce phénomène est géologique. Elle est due à l’érosion des grès. Les plus tendres ont donné des sables et les plus résistants sont devenue les buttons.
        Gargantua :
        Personnage créé par François Babelais, Gargantua est né de l’oreille de sa mère, Gargamelle. Son père, géant lui-même, est Grandgousier. Ce dernier, entendant le nouveau-né crier sa faim en sortant de l’oreille de sa mère, dit de lui en parlant de son gosier « que grand tu as », d’où le prénom de Gargantua. Toujours dans l’imagination de Rabelais, Gargantua est le père de Pantagruel. Il convient de rappeler, pour accréditer la légende, que Rabelais a résidé près d’ici, à l’Abbaye de Saint-Genou.

La Pêche d’un étang :

        Les qualités d’un bon étang :
 
        Un bon étang se doit de ne pas être trop profond. De 50 cm à 2,50 m représente une bonne moyenne. En effet plus profond, l’eau aurait du mal à se réchauffer dès les premiers rayons du soleil printanier. Une température de 18° est indispensable pour une bonne gestion de la faune et de la flore. A moins de 50 cm, l’oxygénation de l’eau risque de ne pas se réaliser correctement. Nous le comprendrons aisément, la faune et la flore d’un étang seront plus équilibrées que la masse d’eau sera apte à se réchauffer rapidement. Cette alchimie naturelle qui fonctionne à l’énergie solaire ne réclame aucun autre apport de nourriture que celle fournie par les effluents drainés par le cours d’eau d’alimentation de l’étang. Il importe donc qu’un biotope naturel existe dans la zone d’influence  de ces effluents tels que forêts ou pâturages. Nous le voyons, le lieu d’implantation d’un étang ne peut donc pas s’improviser au risque de disposer uniquement d’une masse d’eau sans vie.
En Brenne, vous remarquerez peut-être un système de pompage au milieu d’un étang. Il s’agit d’un principe qui permet l’oxygénation de l’eau pour accélérer la croissance des poissons et ainsi améliorer la productivité piscicole.

La pêche d’un étang se déroule en général d’octobre à mars. Il faut le vider en ouvrant la bonde, située sur la levée. L’action de vider l’étang est appelée « mettre en tire ». Cette opération peut demander plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon la superficie de l’étang et la pluviosité du moment.
 
On conserve dans la partie la plus profonde de l’étang, c’est-à-dire près de la bonde, une zone en eau, la pêcherie.
 
Depuis la nuit des temps, les méthodes de pêche n’ont pas varié. Les pêcheurs, équipés de grandes cuissardes, enferment le poisson dans la pêcherie à l’aide d’un grand filet appelé le tramail. Ils ramassent le poisson frétillant à l’aide d’une sorte d’épuisette sans manche caractéristique de la Brenne, la filanche. Il s’agit en fait d’un filet fixé sur un arc de cercle de bois (osier). Les poissons sont alors portés sur la levée de l’étang où des trieurs vont séparer les poissons, dans de grands bacs, selon leur espèce et leur grosseur.
 
Le poisson est pesé et il sera transporté dans les camions viviers par les négociants. Quelques particularités peuvent acheter directement du poisson sur la levée.
 
Il faut quatre à cinq heures à une équipe de 6 à 10 hommes pour pêcher un étang de 10 hectares.
 
La technique de pêche en Brenne consiste à pêcher en premier lieu l’étang situé le plus en aval, jusqu’à l’étang le plus en amont. Ainsi, l’eau de l’étang le plus élevé remplira l’étang immédiatement en dessous. Le dernier étang quant à lui rempli par les eaux de ruissellement.
 
Le Bâti :
 
On rencontre encore, hélas de plus en plus rarement, des maisons traditionnelles. Elles sont en général composées d’une seule pièce équipée d’une cheminée et d’une « bassie », sorte d’évier formé d’une dalle en pierre dont l’évacuation s’effectue par un trou vers l’extérieur. La porte d’entrée est à deux vantaux, celui du haut étant vitré et celui du bas plein. Un volet amovible était posé chaque jour. Le toit en tuiles plates de pays et une échelle en permanence posée en face de la lucarne du grenier.
 
Des bâtiments complémentaires (cellier, cave, étable, …) s’ajoutaient, dans son prolongement, au bâtiment principal. On obtenait alors ce que l’on appelle une longère.
 
Un peu à l’écart, les clapiers, le poulailler et le « têt » pour abriter les cochons qui, d’une part consommaient les détritus du foyer (petit lait, épluchures, eau de vaisselle,…)et, d’autre part, servaient à l’occasion de la Saint Cochon à alimenter la famille.

Quelques lieux d’observation :
 
La plupart des étangs de Brenne sont privés, mais les lieux spécifiques y ont été aménagés pour permettre aux amateurs  de la nature d’observer le spectacle permanent que celle-ci leur offre.
 
● La réserve naturelle de Chérine :
Elle s’étend sur 145 hectares, sur la commune de Saint Michel en Brenne. Elle abrite une des dernières grandes roselières de la Brenne. Sa vocation principale est de sauvegarder les animaux et les plantes menacées. La cistude fait partie des animaux à sauvegarder (étang Ricot). Pour faciliter l’entretien de la réserve, l’homme a implanté ici des chevaux camarguais et des vaches de l’Ariège, particulièrement adaptés au milieu pauvre et humide
● Les étangs Foucault et l’étang Massé à Rosnay :
Le site de 110 hectares des Etangs Foucault appartient au Parc naturel. Sur ce site, on rencontre à peu près tout ce que la Brenne des  étangs peut offrir. Des observatoires sont installés pour découvrir les nombreux canards, limicoles, grèbes, hérons et autres balbuzards.
 
A Rosnay, l’Etang Massé, permet de visiter un des marais les plus riches quant à la faune et la flore. Il s’agit d’une propriété privée régie par une convention passée avec le Parc naturel et la Fédération des chasseurs de l’Indre. Cette convention autorise des sorties accompagnées d’environ 2 heures.
 
● Etang de Bellebouche :
Cet étang est un des plus grands (100 hectares) de la Brenne et aussi le plus connu pour sa plage et sa baignade. Il se situe sur la commune de Mézières-en-Brenne.
 
● Etang Neuf :
Cet étang appartient à la Fédération des Chasseurs de l’Indre et à la Fondation pour la Protection des Habitats Français.
 
● Sentiers de découvertes :
Des sentiers ont été aménagés pour permettre, tout en se promenant de découvrir la faune, la flore et les paysages. Des bornes informatives ludiques les jalonnent.
 
Citons le Sentier de Beauregard à Saint-Michel-en-Brenne sur 4 kilomètres aller et retour, le Sentier du Blizon à Rosnay avec 1,5 kilomètres plus spécialisé pour ceux qui veulent découvrir  les insectes (libellules) et grenouilles.
 
Il existe également des sentiers de petites randonnées de plusieurs kilomètres. Il en est ainsi du circuit de l’Etang Duris à Luant (7 km), de celui de l’Etang Riau à Ciron (11 km), des Etangs forestiers à Méobecq (16 km), le Grand circuit des Etangs à Mézières-en-Brenne avec 23 kilomètres.
 
Bien entendu, vous avez également des étangs qui sont visibles de la route comme celui de la Gabrière, qui proposent des circuits découvertes.
 
● Visites à faire :
Rosnay est célèbre pour sa foire annuelle de la Saint Louis qui a lieu chaque année le 25 août. Cette foire champêtre attire plus de 40 000 visiteurs.
 
C’est également à Rosnay, au Château du Bouchet (XIIIe et XVIIe s.), dans l’ancienne ferme qu’est située la Maison du parc régional. Ce château se dresse sur un des plus hauts buttons de Brenne. Il permet ainsi une vue magnifique à 80 kilomètres à la ronde, notamment sur l’étang de la Mer Rouge. Madame de Montespan, la célèbre maîtresse du roi Louis XIV a séjourné dans ce château qui appartenait à son père, le duc de Mortemart.
 
A Azay-le-Ferron, vous pouvez visiter le Centre Permament d’Initiatives pour l’environnement. Il est installé dans les communs du château. Le château d’Azay-le-Ferron possède de très beaux jardins à la française et un parc aux arbres centenaires. Un conservatoire des espèces locales a été créé pour sauvegarder un verger authentique.