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La fête de Saint Marc à Villeneuve-lès-Avignon

 

 

La Saint-Marc (25 avril) est une fête importante en Europe car située à une époque charnière de l’année entre la fin de l’hiver et le début du printemps.

C’est l’occasion de processions importantes pour « la conservation des biens et des fruits de la terre » en général, dites litanies majeures.

 

 

 

Les litanies.

Les litanies constituent une prière formée d’une longue suite d’invocations à Dieu, au Christ, à la Vierge et aux saints.

 

Les litanies majeures, du 25 avril, sont des « demandes publiques » qui étaient censées commémorer une procession ordonnée par le Pape Grégoire 1er dans Rome, pour faire cesser des inondations et une épidémie de peste en 590.

 

Les litanies mineures se déroulent un peu plus tard à l’occasion des Rogations.

 

 

 

La Saint Marc en Provence.

 

Alors que partout en France saint Vincent est le protecteur des vignobles et vendanges, en Basse-Provence et Comtat Venaissin, à partir du XVIIIème siècle, c’est saint Marc qui est invoqué, tout en restant protecteur agricole en général.

Il se peut que le choix se soit porté sur saint Marc ou Marquet car c’est l’un des saints de glace les plus redoutés.

Il y est encore célébré aujourd’hui.

 

Par endroit, cette fête des vignerons possédait des éléments nettement folkloriques, en dehors de la liturgie officielle.

 

Un cep de vigne enrubanné est béni puis porté à travers la campagne. La procession est interrompue de temps à autre par la danse de la souche. Le soir, le cep est brûlé dans un feu de joie et chacun repart avec un tison protecteur du feu cérémoniel, après avoir partagé les gâteaux de saint Marc.

 

 

 

La Saint Marc à Villeneuve-lès-Avignon.

 

Villeneuve-lès-Avignon est un village du Gard se trouvant au bord du Rhône, face à Avignon.

 

Le jour de la Saint-Marc, après une messe spéciale, la souche est accrochée sur une charrette et promenée dans la ville, précédée de danseurs.

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La carreto ramado.

En Provence, la carreto ramado (charrette ramée) est une charrette festive décorée de végétaux sortie lors de cérémonies agricoles telles la Saint Eloi et la Saint Marc.

Son origine est liée aux confréries agricoles qui, surtout dès la fin du XVIIIème siècle, connurent une vitalité florissante.

 

Elle est tirée par plusieurs chevaux superbement harnachés

 

Le premier cheval “lou davans” a une bride de fête. Il porte une banderole en l’honneur de saint Marc “Vivo Sant Marc” avec “Lou ravat”, une peau de chèvre ou d’agneau, et “la cuberto”, couverture brodée.

Dans les bras de la charrette, le second cheval “lou cavihé” est suivi du troisième le “limounié” qui porte un gros harnais cuivré. Tous portent les grands colliers à pointe, cuivrés et ornés de pompons, servant à écarter le diable et les mauvais sorts.

 

Cependant, dans beaucoup d’endroits, les vignerons ne cultivant que de petites parcelles ils ne possédaient pas de cheval mais un bigot. Les plus aisés avaient un âne, tenaient à sortir la “caretto dis ase”, la charrette des ânes, que tiraient leurs bourricots harnachés avec soin. Et chacun allait faire bénir son attelage, s’assurant ainsi la protection de saint Marc.

 

La danse de la souche.

La « Danse de la Souche », ou « Brande de Sant-Marc », est apparue très tôt à Villeneuve. Danse des vignerons, exécutée au Moyen-âge le jour de la Saint-Marc, elle est caractérisée par les saltations et l’oscillation constante du corps.

 

Les sauts du danseur manifestent la prière à saint Marc et rappellent le geste des vignerons foulant le raisin. Les danseurs exécutent ensuite un branle en chaîne, en criant « Vivo la Souco » et « Vivo lou maiou », entrecoupés d’un chant des “Grâces de Saint-Marc”.

 

Cette danse symbolique de la Souche accueille le renouveau du printemps, “lou nouvelun”, et remercie la nature des récoltes à venir.

 

Le jour de la fête, sur les airs traditionnels de la « Promenade de la Souche », le danseur, suivi de la charrette de saint-Marc et des bailes en procession, se dirige vers la Collégiale pour faire bénir la souche au cours de la Grand-messe en provençal.

 

Exécutant le pas de la promenade, au son des fifres et tambourins, il entre en dansant dans l’église. C’est le seul exemple connu, avec la fête des « Tripettes » à Barjols dans le Var, de « danse d’église ».

 

 

Li tourtihado.

A la sortie de l’église, c’est le moment de l’offrande à la « counfrarié » sous forme de « tourtihado », ces brioches, parfumées à l’anis et dorée avec des œufs, qui ont étés bénites durant l’office.

 

Pendant que les porteurs de « banasto », les paniers contenant les brioches, s’affairent dans tout le village, le danseur, souche sur l’épaule, interprète et « Menan lou Brande ! », exécute la danse de la souche par trois fois dans le village.

Le branle final est un air de farandole. La foule et le cortège y participent, entraînés par les danseurs après que la souche a été brûlée pour clore les festivités.

 

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Le chant des Grâces de saint Marc.

Chanté durant la fête et accompagnant la danse de la souche, le chant des Grâces de saint Marc est une antique complainte mêlée de français, de provençal et de grec et transmise par tradition orale. Son auteur, Frère Jéhan Tisserant, était un prédicateur populaire du XVe siècle, docteur en théologie et confesseur de la reine Anne de Bretagne. Autrefois, tout au long de la journée, devant chaque maison où s’arrêtait la souche, ce cantique était répété en remerciement des offrandes et des petits verres de vin du terroir offerts aux bailes, aux danseurs et aux musiciens.

A diou renden gràci touti que sia eici,

Li vièi e li jouine,

Li grand et li petit,

De vosto bono chèro nous vous remercions,

Kyrie Christe eleison.

 

La Vierge Marie Jésus a enfanté ;

C’est le fruit de son ventre et de virginité.

Elle est la bonne Mère en qui nous espérons

Kyrie Christe eleison.

 

Nosto bon père Adam nous a mis en danger

Pour avoir certain jour, fruit défendu, mangé.

Nous a mis en grand peine, en grand’damnation

Kyrie Christe eleison.

 

Il fait faire prière tout généralement

Pour pères et mères et pour tous nos parents

Et pour les pauvres âmes qui sont dans la prison

Kyrie Christe eleison.

 

Quau bèu après gràci gagnou lou perdoun

E resto sa vido un bon vigneiroun

E béven-ié nous autri, que nous le gangenrons

Kyrie Christe, Kyrie eleison.

 

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Sources :

 

Site de la fête de Saint Marc à Villeneuve lès Avignon (30) http://fetedesaintmarc.com

 

« La Provence arlésienne. Traditions et avatars. »

Marie-France GUEUSQUIN – Actes Sud – 2000.

 

« Fête des fous, Saint-Jean et Belle de Mai. Une histoire du calendrier. »

 Nadine CRETIN – Editions du Seuil – 2008.

 

« Manuel de Folklore Français contemporain » - Tome premier – VI – Cérémonies périodiques cycliques et saisonnières 4 – Les cérémonies agricoles et pastorales de l’automne.

Arnold VAN GENNEP – Editions Picard – 1953.

 

 

Photos et vidéos : Ph. HUET – fête de Saint-Marc 29 avril 2012 – Danse effectuée par le groupe folklorique « La Capouliero » de Martigues (13)



                                                                                                 Philippe HUET – Union Berrichonne.

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Danse 1 Fête st Marc

 


Les racines de la chasse en Sologne

 

                Bien avant que François 1er ne découvre le plaisir de galoper entre Loire et Cher, Les représentants des différentes familles royales venaient « battre la campagne en Sologne ». En effet, Hugues le Grand, Comte de Paris, et père d’Hugues Capet fréquentait assidûment la région de  Fontaines en Sologne.

 

                C’est donc depuis plus de mille ans que les paysans de Sologne voient leur campagne sillonnée par les « Nemrod » (personnage cité dans la Génèse comme le puissant chasseur dont les possessions s’étendaient sur de vastes territoires) de tous poils accompagnés ou non d’équipages. Bien entendu, aux chevaux de nos bons rois d’antan ont succédé les limousines aux vitres teintées et les 4 X 4 rutilants.

 

                Qu’il s’agisse de princes, d’hommes politiques éminents ou de V.I.P., ce sont toujours les mêmes rites qui sont en usages.

 

                Les ruraux quant à eux, ont leurs traditions moins voyantes mais probablement plus naturelles et tout aussi efficaces. Une charte de 1288 de la comtesse de Blois laissait déjà aux laboureurs le droit de chasser sur leurs terres situées en bordure de forêt, de jour comme de nuit. Cette liberté va s’exercer jusqu’au XVIème s.

 

Les débuts de la chasse gardée

 

                Peu à peu, les rois régnants, voulant probablement ne pas compromettre leur plaisir favori, vont progressivement restreindre les droits de chasse des manants. C’est ainsi que François 1er, puis Henri IV vont restreindre ces droits.

 

                Sous l’Ancien Régime, c’est-à-dire au XVIIe et XVIIIe s., le partage du droit de chasser est net : aux nobles le gibier noble, aux manants le reste.

 

                La Révolution met fin à cette pratique et rétablit la liberté de la chasse.

 

                En 1844, une loi réduit à nouveau ce droit en intégrant la chasse à la notion de propriété au sol. Ainsi les propriétaires terriens sont en même temps propriétaires du droit de chasse. Cette loi marque les vrais débuts du braconnage.

 

Le braconnage un « sport » populaire

 

                Les gardes et les gendarmes sont encouragés par une sorte de « prime » aux résultats. Ainsi on recense en 1850, en Sologne. Un braconnier pour trois chasseurs. Les délits ne font que croître et le tribunal correctionnel de Romorantin établit au cours du XIXe s. un record du genre : il est « champion de France » des jugements pour délits de chasse (en 1854, sur 240 affaires jugées, 115 étaient des affaires de braconnage).

 

                A l’origine, un braconnier n’est pas ce chasseur clandestin que l’on connaît. Il s’agissait en fait d’un valet de chasse au service du seigneur appelé braconnier. C’était celui qui dressait et soignait les braques ou bracons (chiens de chasse). Aujourd’hui encore une race réputée de chien d’arrêt se nomme le braque.

 

                C’est seulement bien plus tard que le terme braconnier a fini par désigner celui qui chasse sans le consentement du propriétaire, sans permis et le plus souvent sans chien, avec des engins prohibés. Attention cependant, il serait faux d’assimiler le braconnage uniquement à la chasse. En effet, la pêche se rattache également à ce terme, même si le délit de pêche est juridiquement considéré comme un vol.

 

La Chasse en Sologne

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                Ne nous y trompons pas, les braconniers ne sont pas des bandits de grands chemins.  Au contraire deux cultures s’affrontent dans une même passion : celle bourgeoise de la chasse voyante et arrogante des citadins et celle plus feutrée mais populaire des ruraux. C’est-à-dire, d’un côté la battue des riches et le collet utilisé par les domestiques.

 

                N’oublions pas qu’au XIXe s, le Solognot ne mangeait pas toujours à sa faim. Sur sa table le pain de blé noir, du miel, des champignons et des châtaignes constituaient le plus souvent l’ordinaire. Cependant, au moins une fois par semaine, il y avait un lapin qui cuisait à feu doux dans le chaudron au coin de la cheminée. D’où venait donc ce garenne si ce n’est de la forêt !

 

                Aujourd’hui, le prestige de la chasse, même si quelques-uns en font une affaire politique, a quelque peu décliné. Dans ces conditions, le braconnier révolté d’autrefois a perdu toute sa légitimité, voire même sa raison d’être. Le braconnage actuel répond plus à une culture de l’argent facile et les pratiques ont bien changé. Le fusil à lunette et les puissants véhicules à phares longues portées ont remplacé le collet et la gibecière.

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La Maison du Braconnage

 

                C’est un architecte de la région, Wilfrid Baudin qui et le concepteur de la Maison du braconnage à Chaon. Deux silhouettes d’épouvantails vous accueillent au seuil d’une cabane au drôle de profil.

                Vous trouverez dans cette construction, explique l’architecte, les différentes formes naturelles primitives que l’on pouvait rencontrer en Sologne : motte, butte, talus, cabane de bûcheron, cul de loup et autre meule de charbonnier.

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Le prix du plaisir ou la complainte du faisan

 

                Derrière le grillage de ma volière d’élevage, je suis un jeune coq faisan. Mon prix au moment de la chasse varie de 7 € à 10 € selon que je suis vendu seul ou avec mes copains.

 

                Un dimanche matin, un monsieur de la ville avec son 4 x 4 à 30 500 € est venu me faire la plume. Il a un beau fusil à canon lisse qu’il a acheté d’occasion 1 000 € et des vêtements pour 500 € sur le dos.

 

                Ce n’est pas tout, ce quidam a du s’acquitter du permis de me tuer (permis de chasse) pour au moins 200 €, d’un chien acheté et dressé pour me renifler pour 500 € et de, dix cartouches au moins, c’est le minimum pour me mettre hors d’état de nuire au sortir de ma cage, pour un montant de 15 €.

 

                Ce n’est pas fini car notre brave citoyen n’a pas encore le droit de me tuer, il en a seulement le permis. Ce droit, une action de chasse en Sologne, c’est encore 1 500 € au moins que le maître des lieux va demander au citadin sportif, car la chasse est un sport !

 

                Non d’une plume ! j’allais oublier le casse-croûte. Aller pour être repus, il faut bien compter 40 € dans une auberge réputée de Sologne.

 

                Et devinez ce que la dame de notre quidam va me réserver comme destin : la poubelle. En effet, elle ne veut pas abîmer ses mains à me plumer ni refiler de l’allergie au petit dernier qui réagità la plume rien que de lui en parler.

 

Faites les comptes et vous verrez que notre ami aurait mieux fait, à prix égal, de manger 
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La légende de Raboliot

 

 

                Maurice Genevoix père spirituel de Raboliot (1890-1980)

 

                Maurice Genevoix est né en 1890, à Decize, dans la Nièvre. Sa scolarité sera exemplaire tant et si bien que le jeune Maurice est reçu premier au concours d’entrée de l’Ecole normale supérieure à l’âge de 21 ans.

 

                        La Grande Guerre va malheureusement interrompre les brillantes études universitaires qui étaient promises à Maurice Genevoix. De cette guerre, il va revenir grièvement blessé ce qui  lui laisse l’impression d’être un survivant parmi les vivants. Cette forte impression de l’aspect dérisoire que prennent à ces yeux les ambitions humaines le conduise à retourner dans sa région d’origine. En hommage à ses camarades de combats, il consacre cinq volumes à « Ceux de 14 » : Sous Verdun en 1916, Nuits de guerre en 1917, Au Seuil des Guitounes en 1918, la Boue en 1921 et les Eparges en 1923.

 

                        C’est toutefois en 1925, qu’il sera consacré en obtenant le prix Goncourt pour l’histoire d’un petit braconnier de Sologne en butte aux hypocrisies des tenants de la loi. C’est Raboliot, ce roman qui va glorifier un braconnier de Sologne.

 

                        Secrétaire perpétuel de l’Académie française de 1958 à 1973 et grand voyageur, Maurice Genevoix va mourir près de Javea,  en Espagne, dans la province d’Alicante en 1980.

 

                        Naissance de Raboliot

 

                        En 1924, Maurice Genevoix réside à Chateauneuf sur loire, tout près de la Sologne qui est là de l’autre côté du fleuve.

 

                        Un jour d’été, il prend le « tortillard » qui le conduit après un changement à Tigy, à Brinon sur Sauldre. C’est ici que le papa de Raboliot fixe son dévolu, plus exactement chez le garde-chasse Trémeau. Il lui fallait absolument un chasseur comme guide pour s’imprégner du sujet.

 

                        Le garde l’oriente vers un braconnier insaisissable, le plus rusé de tous : Adrien, Victor, Alphonse Depardieu, dit Carré, né dans le village un certain 26 avril 1883. Ce garçon qui a 7 ans de plus que l’auteur est officiellement journalier dans les fermes alentour. En réalité, c’est un homme de la nuit : un braconnier qui  dispose de tout l’équipement idoine.

 

                        C’est toutefois le taxidermiste local, Beaufils, qui va fournir à Maurice Genevoix les différentes pratiques du braconnage, car le sieur Carré, voulant garder son indépendance, posa un « lapin »  à l’auteur. Raboliot sera le nom du héros de son roman dont plus de deux millions d’exemplaires seront vendus. Il sera même traduit dans vingt langues de par le monde.

 

                        Depardieu sera tellement identifié par tous à Raboliot que son sobriquet de Carré ne sera plus qu’un souvenir. Depardieu/Raboliot décède en 1960, à l’âge de 77 ans.

 

                        Aujourd’hui, le lapin est désigné dans le langage courant comme un raboliot et la rabolière est son domaine.

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 Alain BRIALIX– Union Berrichonne du Loiret.
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